"Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla.”

Dieu ne cesse de nous dire chaque jour : « Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne ! » La vigne, c’est l’avènement du Royaume des cieux. Travailler à la vigne du Seigneur, c’est agir selon la volonté de notre Père du Ciel afin de porter de beaux fruits pour la plus grande joie de notre Créateur. Travailler à la vigne de notre Père céleste, c’est nous reconnaître pleinement dans son Fils Jésus. C’est se montrer digne de lui par notre réponse d’amour, devenir son héritier. Dans la parabole, le premier fils entend la volonté de son Père, mais il refuse le travail. Ensuite, il change ensuite d’avis, car « s’étant repenti, il y alla » nous dit Jésus. A l’approche de Noël, nous contemplons le oui de Marie à l’Annonciation, il restera à jamais notre modèle. Nous voulons demeurer envers et contre tout dans un chemin de confiance et d’abandon envers Dieu notre Père. En fait, ce premier fils a choisi, après coup, de quitter ce qui l’empêchait d’obéir à Dieu, ce qui l’empêchait d’être fils, il a choisi de revenir librement vers son Père, et donc de redevenir son fils.
"Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier." Nous connaissons cette expérience difficile énoncée dans l’Evangile : « Oui Seigneur, dit-on ! » et nous ne faisons pas l’œuvre qui nous est proposée. Le deuxième fils commence par dire qu’il est d’accord pour aller au travail, pour faire la volonté de son père, mais il ne bouge pas, incapable de se mettre en mouvement. Il ne quitte rien de ses habitudes, il ne cherche pas à savoir ce qui le paralyse, ni ce qui peut faire obstacle en lui à l’accomplissement de la volonté de son Père. Il n’obéit pas à son père parce qu’il ne le reconnaît pas réellement. Mais au-delà des réponses de ces deux fils, il y a le temps d’une réflexion personnelle qui fait que quelque chose bouge, quelque chose se transforme en négatif. Ce temps pour le bien est absent chez le second fils ! Cette ‘dissociation’ entre dire oui à Dieu, et faire non, fut introduite par le Menteur après qu’Ève fut imprudente en ne demeurant pas dans la décision de l’Amour de l’origine. Non seulement elle n’obéit pas à Dieu, mais elle révèle ce que le menteur ne connaissait pas : "C’est de ‘cet arbre-ci’ dont Dieu a dit : « Vous n’en mangerai pas, sinon vous mourrez ! » La réplique est immédiate : Ce n’est pas vrai rétorqua le menteur, au contraire ! "Vous serez comme des dieux connaissant le bien et le mal !"
"Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu." Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. L’homme est devenu la proie du mensonge, avec la difficulté de reconnaître le vrai du faux, le bien et le mal, le dire et le faire. Il n’y a plus d’unité entre la Parole de Dieu et le cœur de la créature. Cette unité entraînait une unité dans l’être et dans le faire. Le Royaume de Dieu est ouvert à tous et nous devons accueillir la conversion que Jésus provoque en nous mettant devant notre cohérence intérieure. Nous voulons demeurer dans la communion de Jésus pour accomplir son œuvre. Si nous quittons l’adoration, nous quittons la volonté de Dieu et nous nous trouvons divisés. Les récriminations des pharisiens traduisent des sentiments de jalousie et le désir de s’approprier les biens du Maître. Pour accomplir la volonté de Dieu, le Saint Esprit nous est donné. Nous comprenons alors combien nous avons besoin de rester dans un cœur à cœur avec Jésus. Etre fidèle à l’Esprit Saint nous permet de faire la Volonté de notre Père.