Mardi de la 26e semaine, année paire

Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Mardi 30 septembre 2014

Jb. 3, 1…23 Ps. 87 Lc. 9, 51-56

  • Le mardi 30 septembre 2014 iCal
    semaine 26 : Mardi de la 26e semaine, année paire

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.

« Jésus prend avec courage la route de Jérusalem, » le voyage qui le mène à sa passion et à sa mort. « Comme approchait le temps où Jésus allait être enlevé de ce monde ». C’est l’expression qui est employé pour l’enlèvement d’Élie au ciel, Jésus sait ce qui l’attend, il quitte sa Galilée natale, et « résolument » prend la route de Jérusalem, qui traverse la Samarie. Ses disciples sont nombreux puisqu’il doit en envoyer en avant pour préparer le l’hébergement du soir. Les Samaritains, prenant "la suite" de Jésus pour un groupe de pèlerins juifs en route vers Jérusalem, refusent d’héberger ces voyageurs. Cette réaction de rejet est courante chez les gens de Samarie, qui veulent défendre leur autonomie religieuse et la légitimité de leur temple du Mont Garizim. Les fils d’Israël faisaient grief aux Samaritains de leur manière d’aller au vrai Dieu et de lui rendre leur culte faisaient de la même manière. Jésus rejoint Jérusalem pour partager le sort des pauvres, le sort de ceux qui sont maudits des grand prêtres ! La plus grande des pauvretés est d’être rejeté par son peuple, par les religieux, et d’être apparemment maudit, rejeté de Dieu lui même ! Or Jésus vient sauver l’humanité dans sa détresse, il va partager le sort des maudits : "Maudit celui qui meurt sur le bois". Il prend sur lui la détresse du monde, il le peut, car il est l’envoyé du Père. Il nous faut nous examiner en vérité, c’est la solidarité avec les pauvres et les petits, comme Jésus, qui éclaire notre discernement. Il nous faut beaucoup l’humilité en Église, nous pouvons nous donner "bonne conscience," alors que nous sommes devant de graves injustices.

Jésus envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Jésus n’entre pas dans la violence et il ne forcera pas l’entrée du village. Jacques et Jean appellent la foudre. Jésus, lui, décide de partir pour un autre bourg. Quelle belle leçon pour nous que l’hostilité désarçonne si souvent. Pour la moindre contrariété, pour une gêne passagère dans notre travail ou un retard dans nos projets, nous mobilisons tous les tonnerres du monde, prenant presque Dieu à témoin de notre bon droit. Nous perdons du temps à tempêter contre "nos Samaritains" alors qu’il nous faudrait nous hâter avec Jésus vers Jérusa­lem, là ou le salut va s’accomplir. Nous savons que bon nombre de femmes, d’hommes et d’enfants se trouvent dans une détresse implacable, comment leur parler de l’amour de Dieu ? Seulement en prenant cette détresse à bras le corps : « Jésus prend avec courage la route de Jérusalem », être avec Jésus c’est pouvoir montrer le visage tendre et miséricordieux du Père. Job, dans sa misère, finit par réclamer la mort, il est comme la conscience du Peuple dans la détresse. Sauver le monde, c’est révéler le visage du Père meurtri quand ils voient ses enfants dans la détresse.

Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village. Le réflexe de Jacques et de Jean réédite contre ces Samaritains la menace d’Élie au capitaine du roi Ochozias. Jacques et Jean réagissent immédiatement au refus des Samaritains. Ils y voient un manque d’égards pour Jésus, ils veulent se servir de la puissance de Jésus pour passer en force. Tout autre est l’attitude de Jésus qui aperçoit cette hostilité et qui sereinement contourne l’obstacle et réprimande les deux frères : la seule violence est celle qui met la puissance de l’Amour au service de la miséricorde. Jésus va jusqu’à revêtir lui-même le sort des plus pauvres. Il ira visiter les enfers comme un maudit. En fait, Il en sera le Libérateur qui ira rejoindre l’amour qui est dans le cœur de Dieu caché au cœur des pauvres. Pouvoir manifester cet amour à l’humanité qui en a un tel besoin, c’est vraiment rencontrer Dieu en vérité. Cela nous demande une grande conversion, celle d’être l’enfant bien aimé du Père qui comprend les désirs d’amour de son Père. Mû par l’Esprit d’amour qui l’anime, il ne peut plus supporter la moindre détresse sans aller à son secours. Mère Térésa de Calcutta illustre ce courage de Jésus, en lui tous les pauvres se retrouvent dans les rues de Calcutta. Dans un caniveau, elle voit quelque chose de curieux. Elle regarde, elle voit comme une guenille. Elle tire sur cette guenille, en dessous, il y a un homme. Comme elle sait le faire, elle prend cet homme à bras le corps, il ne bouge pas, il est inanimé. Elle le charge sur son dos, comme font toutes ses petites sœurs ! A la maison, elle le lave et le soigne. Il ouvre les yeux et la regarde, elle entre en relation avec lui ; Elle lui propose quelque chose à boire ou à manger. Alors cet homme lui dit : « Maintenant, je peux aller vers mon Père ». Cet homme s’endort entre ses bras, pour se réveiller au ciel.

Nous demandons la grâce que cette parole nous rejoigne profondément.

Vos témoignages

  • Hélène 30 septembre 2014 13:28

    J’aime beaucoup cette question et si possible j’aimerais une réponse : comment parler et croire en l’amour du Christ quand nous sommes dans une détresse impossible. Merci pour cette si belle homélie qui me rejoint au plus profond de mon cœur, merci père Gilbert, vous êtes un exemple comme Jésus

    • Mardi de la 26e semaine, année paire 30 septembre 2014 17:50, par Père Gilbert Adam

      Merci de ton merci, c’est si important que la Parole nous rejoigne, que les homélies soient belles et nourrissante et qu’elle nous rejoigne au plus profond de notre cœur, merci, Oui, comment parler et croire en l’amour du Christ quand nous sommes dans une détresse impossible ? Je crois qu’il n’y qu’un amour qui peut révéler l’Amour et par le fait même l’Amour du Christ, l’Amour de Jésus !

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