"Comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. »

Cet Evangile nous donne de vivre l’espoir de l’Avent avec grande espérance : Espoir de salut et de vie, de réconciliation et de paix. Seul peut espérer celui qui reconnaît sa pauvreté et se rend compte que le sens de sa vie ne se trouve pas en lui-même, mais en Dieu. Approchons-nous de Jésus avec confiance, et que la prière du centurion soit aussi la nôtre. Nous admirons l’audace de cet homme, centurion de l’armée romaine, qui demande à Jésus la guérison de son serviteur. C’est ainsi qu’à nouveau la conversion se profile devant nous dans l’intercession pour nos frères. Tout ce qui est force de vie, force de combat, nous allons le mettre en œuvre pour construire la communauté ou les pauvres auront la première place. Nous disons à Jésus : Seigneur, viens, je sais que tu feras quelque chose pour nous sauver, je veux vraiment le croire. Que ce soit dans notre famille, dans le village et dans l’Église, nous avons besoin d’être guéri. Notre foi en Dieu se traduit par une confiance en Jésus qui est en agonie dans ses frères jusqu’à la fin des temps. Jésus nous dit de porter secours à nos frères : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »
"Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri." Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » Ce qui frappe chez ce centurion, c’est la conscience de sa petitesse. Il crie sa peine, il a besoin d’être aidé : il tend la main vers Jésus. Il sent qu’il n’a pas le moindre droit sur Jésus, qu’il ne peut même pas exiger sa visite. Centurion, cet homme est maître de cent soldats. Il se tient à la toute dernière place, à peine sur le seuil, et confesse sa petitesse devant Jésus : "Seigneur, je ne suis pas digne que tu viennes sous mon toit." Le centurion de Capharnaüm n’oublie pas son serviteur souffrant au lit, parce qu’il l’aime. Même s’il est plus puissant que son serviteur placé sous son autorité, il lui est reconnaissant par toutes ces années de service ; il l’estime profondément. Poussé par son amour, il s’adresse à Jésus, et il fait une extraordinaire confession de foi, que la liturgie eucharistique recueille : Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » "Tu peux guérir mon serviteur," dit-il à Jésus.
"À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi." Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. La confession de foi concrète de ce centurion s’appuie sur son espérance ; elle jaillit de la confiance mise en Jésus, ainsi que de son sentiment d’indignité personnelle. C’est ce qui lui permet de reconnaître son propre dénuement dans cette situation si difficile pour lui. Nous ne pouvons approcher Jésus que dans une démarche humble, comme celle du centurion. Jésus vient encore dans notre "Capharnaüm," ce "chez nous," symboliquement le grenier, la cave ou une pièce où nous avons entassé toutes sortes de choses. Là, Jésus apporte sa lumière ! Capharnaüm, c’est aussi notre peuple, avec ses malades. Nous voulons encore offrir à Jésus tous nos souffrants pour qu’il les guérisse. A la communion eucharistique, depuis deux mille ans, nous redisons encore à Jésus : « Seigneur je ne suis pas digne que tu viennes sous mon toit, mais dis seulement une parole et je serai guéri ! » Cette phrase est devenue la prière des croyants qui s’approchent du Corps du Christ. Nous sommes heureux de célébrer ensemble l’Eucharistie, d’entendre la Parole de Dieu, de recevoir le Corps et le Sang de Jésus pour nous laisser transformer en Lui !