Jésus monta dans l’un de ces bateaux, qui était à Simon, et il lui demanda de s’éloigner un peu du rivage.

Puis il s’assit, et du bateau il instruisait les foules. Lorsqu’il eut cessé de parler, il dit à Simon : Avance en eau profonde, et jetez vos filets pour pêcher. Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre. Mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. Jésus est dans la barque de Pierre, s’adressant à la foule sur le rivage. Il est là, à côté, pour assurer la stabilité de l’embarcation, il entend le discours et il capte sa voix. Il est proche physiquement de lui, il est dans son intimité, il perçoit l’effort corporel de s’adresser à une foule. La Parole, dans sa dimension charnelle vient à lui, le rejoint à son poste de travail, dans son quotidien, et touche son désir. La Parole de Jésus percute Pierre, elle le met en condition de pêcher à nouveau. Jésus lui dit : « va au large. » Pierre avance au-delà de ses sécurités, de ses habitudes, de ses certitudes, « et il jette tes filets : « Sur ton ordre, je veux bien jeter les filets, » dit-il à Jésus. Il y eut une telle quantité de poissons qu’ils n’arrivaient plus à sortir le filet qui allait craquer. Chacun de nous peut dire à Jésus, "sur ton ordre, je veux bien avancer encore." Il nous faut être toujours avec lui, alors nous sommes témoins de la grâce de Dieu.
L’ayant fait, ils prirent une grande quantité de poissons : leurs filets se déchiraient. Pierre a fait confiance à la Parole de Jésus, elle a nourri leur relation. Cette Parole l’appelle à créer du neuf, à honorer ses capacités humaines. C’est si bon d’être en mouvement dans la relation avec Jésus, de savoir que ce que nous faisons en réponse à Jésus crée une relation nouvelle, une intimité plus grande avec lui. Notre difficulté est que nous ne croyons pas assez en nous, en Dieu, et dans la mission qui nous est confiée. La Parole de Jésus nous est donnée, elle veut que notre vie avec Lui soit d’une grande fécondité, qu’elle ait un impact sur les autres. Nous pouvons ainsi mettre nos talents au service des autres. La vie qui nous est donnée est d’une grande valeur, il nous faut durer dans l’espérance qui en fait est d’une grande fragilité, mais Jésus nous fortifie. Isaïe l’annonce avec force dans la première lecture : « L’un des Séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : "Ceci a touché tes lèvres, ton péché est pardonné." C’est le Corps de Jésus ressuscité qui, dans son Eucharistie, vient toucher nos lèvres, c’est plus que tous les charbons de l’univers.
Car l’effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu’ils avaient faite. La parole a été efficace, ce qui devait se produire s’est produit par une parole donnée, un discours entendu ! Pierre éprouve à la fois attirance et effroi. Jésus le touche au plus profond de lui, il le rend libre, pauvre, disponible, mais dans un grand désir. Se jetant à ses pieds il lui dit « éloigne-toi de moi, je suis un pécheur. » Cette parole de Jésus le rejoint au plus intime, pour un appel plus profond, plus total : "Suis-moi." Suivre Jésus, continuer l’aventure commencée par sa parole : Lâcher les filets. Jésus nous touche aujourd’hui de son Corps Ressuscité pour faire de nous les témoins de sa Bonne Nouvelle, nous aimer les uns les autres, car c’est là notre fécondité. Cet amour est possible parce que nous sommes unis au Fils de Dieu. « Ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu et la grâce dont il m’a comblé n’a pas été stérile, » dira l’apôtre Paul. Nous voulons donner notre consentement car notre oui est capital : Jésus a ouvert pour nous un chemin d’humanité pour la gloire du Père.